par Michel Worobel

Les différents types de formations sanitaires pendant la Grande Guerre

Essai de définition et situation générale dans l’Yonne.

On distingue plusieurs types de formations sanitaires que nous présenterons, selon leur existence, dans cet ordre pour chaque ville étudiée :

  • hôpitaux militaires permanents
  • hôpitaux mixtes
  • hôpitaux civils (militarisés)
  • hôpitaux complémentaires
  • hôpitaux-dépots de convalescents
  • hôpitaux auxiliaires
  • hôpitaux bénévoles
  • établissements de l’A.C.M. Assistance aux Convalescents Militaires
  • hôpitaux étrangers en France
  • infirmeries et cantines de gare
  • rééducation professionnelle des mutilés de guerre
  • formations sanitaires diverses

Notre étude sera illustrée par des vues des établissements sous forme de cartes postales et des cachets de franchise militaire. Des cachets différents mais aussi des appellations différentes peuvent avoir été utilisés dans le même hôpital. Par exemple, il n’y a souvent aucune différence entre les Hôpitaux Temporaires et les Hôpitaux Complémentaires : leur vrai titre devrait être Hôpital Temporaire (du temps de guerre), Complémentaire (de l’Hôpital Militaire) du temps de paix.

Précisons dans un premier temps les « fonctions » et implantations de ces différentes structures. Les différents lieux seront présentés par de courts articles lieu par lieu séparés les uns des autres.

1) Hôpitaux militaires permanents : Ils étaient institués en temps de paix, la loi du 7/7/1877 (art.1) en prévoit un seul par Corps d’Armée. Pour la 5e R.M., il est situé à ORLEANS; la R.M. correspond au Corps d’Armée pour les formations sanitaires.

2) Hôpitaux Mixtes : Selon la loi du 7/7/1877 (art.3 et 4) il s’agit de salles militaires dans les hôpitaux civils des villes dont l’effectif militaire de la garnison est supérieur à 300 hommes : AUXERRE, JOIGNY et SENS pour l’Yonne. Ces hôpitaux soignaient déjà des blessés ou malades en temps de paix.

3) Hôpitaux civils (militarisés) : Selon la loi du 7/7/1877 (art. 4) il s’agit de salles communes d’hôpitaux civils des villes dont l’effectif militaire de la garnison est inférieur à 300 hommes : AVALLON, BRIENON-SUR-ARMANCON, GIGNY (près de TONNERRE), SAINT-FARGEAU, SAINT-FLORENTIN, TONNERRE et VILLENEUVE -SUR-YONNE.

4) Hôpitaux complémentaires ou temporaires : Ils sont directement gérés par le Service de Santé Militaire. A noter que, très souvent, le libellé des cachets contient le terme « temporaire », terme générique utilisé pour les hôpitaux improvisés, le terme « complémentaire » viendra corriger le libellé de certains cachets dés 1915.
Pour l’Yonne : AUXERRE, AVALLON, JOIGNY, SAINT-FLORENTIN-CANAL, SENS, THEIL-SUR- VANNE, TOUCY, VILLEBLEVIN et VILLENEUVE L’ARCHEVEQUE.

5) Hôpitaux-dépôts de convalescents :Crées par la circulaire du 15/10/14 afin de stopper les abus dans les congés de convalescence et libérer les hôpitaux surchargés des blessés qui sont à peu près rétablis : AUXERRE. Après un court séjour (15 jours environ), les blessés seront renvoyés au front. Ces formations sont dirigées par un commandant militaire et sous le contrôle direct du Service de Santé militaire. Par la circulaire N°199 C.I./7 en date du 20/8/16,les hôpitaux dépôts de convalescents sont supprimés, les locaux où ils étaient installés recevront une destination hospitalière : transformation en Hôpitaux Complémentaires, ceux qui avaient été désignés pour étudier les propositions de pension et de réforme fonctionneront désormais sous le nom de Centres Spéciaux de Réformes.

6) Hôpitaux auxiliaires : Certains étaient prévus avant la guerre, d’autres furent crées plus tard. La fondation et la gestion appartenaient à l’une des 3 sociétés :

  • S.S.B.M. (Société de Secours aux Blessés Militaires N° de 1 à 100) : ANCY LE FRANC, AVALLON,LA PIERRE QUI VIRE, JOIGNY, SENS.
  • U.F..F. (Union des Femmes de France N° de 101 à 199) : AUXERRE, SAINT FLORENTIN,SEIGNELAY, TONNERRE, VILLENEUVE LA GUYARD, VILLENEUVE SUR YONNE.
  • A.D.F. (Association des Dames Françaises N° de 201 à 299) : Ne gère pas d’hôpitaux auxiliaires dansl’Y onne.
    Ces établissements devaient être agrées par l’autorité militaire, qui, après visite des lieux, accordait ou refusait la création de ces établissements.

7) Hôpitaux bénévoles : Ils furent crées peu après le début de la guerre par des comités privés ou même des particuliers. Ils portent presque tous un N° bis. Ils restent cependant sous le contrôle de l’autorité militaire : AISY SUR ARMANCON, CHATEL CENSOIR, COULANGES SUR YONNE, FLOGNY, PASSY SUR YONNE, PONTIGNY, SAINT FLORENTIN et VERMENTON.

8) Etablissements de l’A.C.M. : Assistance aux Convalescents Militaires :L’association est née en août 1914, au profit des convalescents ne sachant pas où aller (soldats dont la famille habitait dans les régions envahies ou autre). Cette association a beaucoup travaillé avec les Hôpitaux Dépôts de Convalescents, et fut aussitôt rattachée au ministère de la guerre : CHABLIS, SAINPUITS et TONNERRE. Etablissements signalés comme organisés mais n’ayant pas encore hospitalisés de convalescents au 1/1/16 : BLENEAU, COURSON et DIXMONT.

9) Hôpitaux étrangers en France : Hôpital américain de PASSY SUR YONNE : situé au château de Passy sur Yonne par Véron, propriété de l’état. L’Hôpital américain a amené tout son personnel de New York, Mme FITZ GERALD a désiré supporter tous ses frais d’entretien.

10) Infirmeries et cantines de gares :Elles étaient chargées de donner des soins aux blessés, lors des évacuations venant du front. Les blessés ne pouvant supporter le voyage étaient hébergés par ces infirmeries : AUXERRE, CRAVANT, NUITS- SOUS-RAVIERES, SAINT-FLORENTIN et SENS.

11) Rééducation professionnelle des mutilés de guerre : Les mutilés de l’Yonne étaient dirigés sur le centre d’appareillage de PARIS pour l’obtention de prothèses : AUXERRE, LA BROSSE et SENS.

12) Formations sanitaires diverses : AUXERRE : foyer du soldat, station magasin de santé, infirmerie régimentaire, GVC. TONNERRE : ambulance.
VILLENEUVE L’ARCHEVEQUE : médecin major du 46° régiment d’infanterie.

13 ) Trains sanitaires : Ce sont des formations sanitaires de « passage ».

Catégories : Guerre de 14 18

2 commentaires

paulhya · 18 février 2022 à 13 h 26 min

Bonjour, Auriez vous des sources à communiquer concernant l’Hôpital américain de Passy-sur-Yonne ? Bonne journée

    Michel Worobel · 18 février 2022 à 17 h 40 min

    Je n’ai malheureusement pas de source précise à vous communiquer, seulement un article dans le n°50 des études villeneuviennes (Villenueve-sur-Yonne) en 2016 :
    L’hôpital français de Nrw-York au château de Passy (1915-1919) par Jean-Luc Dauphin avec le concours de Michel Worobel et Michel Melaisne.
    Cordialement
    Michel Worobel

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