Par Michel Worobel

Service public

Un mot quasi magique qui, dans les années 30, a pris pour la Poste un aspect inattendu. A l’origine : les progrès de l’automobile. Il n’est pas si lointain le temps où, démunis de téléphone et de voiture, certains habitats ruraux étaient coupés du monde. Les facteurs étaient pour la plupart à pied, en voiture (à traction animale) ou à bicyclette. Résultat : hors des villes dotées d’un bureau de poste, les lettres étaient souvent distribuées en fin de journée. Et les réponses ne pouvaient pas partir avant le lendemain. Quant aux colis, le facteur ne pouvait pas s’en charger.

Le facteur fait les commissions

C’est alors qu’on eut cette idée de génie : organiser des tournées en autobus dans les campagnes. Le conducteur n’était pas toujours un employé des PTT. Dans ce cas, on recrutait « une personne connue, bien famée, sachant lire et écrire ». Il partait du bureau de poste de la ville le matin, accomplissait son circuit en deux ou trois heures, ramassant les voyageurs et s’arrêtant dans les principaux villages. Là, il remettait à un correspondant postal, lui aussi trié sur le volet, le courrier à distribuer (lettres et colis). En échange, il recevait une liste de commissions à effectuer pour le compte des villageois. En fin d’après-midi, il refaisait la tournée en sens inverse, ramenait les voyageurs, relevait les boîtes aux lettres sur son chemin et, toujours s’arrêtait chez les correspondants postaux. Il leur remettait le pain, le tabac, les médicaments et autres denrées commandées le matin. Il ramassait le courrier à expédier que le correspondant postal avait lui-même collecté.

Le résultat des courses

Est-il besoin de préciser que ce système fut immédiatement un succès. Plus particulièrement apprécié le service des commissions. A son apogée en 1938, la poste automobile assurait 388 circuits pour près de 500 000 commissions effectuées, un million de voyageurs et 60 000 colis transportés.

Paradoxalement, les progrès de l’automobile qui avaient permis cette innovation l’ont aussi condamnée. Dans les années 50, les facteurs ont été progressivement équipés de 2CV fourgonnettes et de mobylettes.

Les lignes privées d’autocars se sont développées, en même temps que les français ont redécouvert les voitures particulières dont la guerre les avait privés. La poste automobile rurale disparut lentement. Aujourd’hui, seuls les philatélistes en conservent un témoin discret : les cachets des correspondants postaux.

Les cachets des circuits postaux automobiles de l’Yonne sont des cachets hexagonaux de 25 mm à tirets qui comportent le nom de la Recette de rattachement suivi de CP et N°, ce N° permettant d’identifier la commune d’implantation du correspondant postal.

Ils sont de quatre types pour l’Yonne selon la classification Lautier :

G4 : avec année à deux chiffres ; mise en service vers 1927.

G6 : avec année à quatre chiffres ; mise en service vers 1948.

G7 : avec année à quatre chiffres et indication horaire «H» exemple : 10H30.

G9 : avec indication du code postal du département.

Gn classification Lautier

Nom Lieu Ty P.D.O. D.D.O.
Auxerre C.P. N°1 Quenne G7 26-6/1962 24-5/1965
Auxerre C.P. N°2 Bleigny-le-Carreau G4 4-4/32 3-2/47
Auxerre C.P. N°2 Bleigny-le-Carreau G6 16-9/1966 16-4/1967
Auxerre C.P. N°3 Villeneuve-St-Salves G4 13-9/33 8-7/37
Auxerre C.P. N°3 Villeneuve-St-Salves G6 21-5/1954 25-4/1965
Auxerre C.P. N°4 Sougères-sous-Sinotte G4 9-10/46  
Auxerre C.P. N°4 Sougères-sous-Sinotte G6 11-9/1950 21-4/1967
Auxerre C.P. N°5 Perrigny G4 26-7/36 27-6/38
Auxerre C.P. N°5 Perrigny G6 15-10/1952 22-5/1965
Auxerre C.P. N°5 Perrigny G9 12-2/1966  
Auxerre C.P. N°5 Perrigny G7 19-10/1962 18-4/1967
Auxerre C.P. N°6 Lignorelles G7 25-9/1962 11-5/1967

P.D.O. et D.D.O. signifient Première Date Observée et Dernière Date Observée


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